Loading

L’autoconsommation Vs L’injection totale

On entend de plus en plus parler d’autoconsommation de l’énergie photovoltaïque, mais concrètement quel modèle avions-nous avant ? et que nous réserve ce nouveau modèle ? Quel impact cela va-t-il provoquer dans nos habitudes de consommation et dans la fourniture de l’électricité ? Comparons donc les deux procédés et examinons quelles avancées produisent-il ?

Une histoire commune

Pour bien comprendre les changements majeurs dans l’univers du photovoltaïque et l’impact que cela va avoir sur notre modèle de fourniture d’électricité, il faut revenir au début des années 2000. En effet, le 10 février 2000, la loi instaure l’obligation d’achat par EDF de l’électricité photovoltaïque. Elle impose conjointement que les tarifs seront réglementés par l’état pour son rachat. Mais le cadre de l’ordonnance ne définit que le cas d’une réinjection en totalité sur le réseau de l’énergie produite. Aucune mention n’est faite à cette époque de l’autoconsommation. Elle sera suivie 2 ans plus tard par  l’arrêté du 13 mars 2002 qui en fixera le prix à 15,25c€/kWc pour la métropole et 30,50 c€/kWc pour les DOM.  Au vu du prix des installations photovoltaïques à cette époque, la balance financière était encore largement défavorable pour les producteurs et la filière ne démarra pas.

Il fallut attendre la révision des tarifs de rachat, en juillet 2006 pour voir réellement un marché commencer à s’élancer. Ainsi à la condition d’intégrer les panneaux à sa toiture, le producteur pouvait revendre son énergie à un prix près de 4 fois supérieur à l’ancien tarif, l’état finançant la différence.

A partir de 2008, EDF OA (EDF Obligation d’Achat) met en place sur ses formulaires de déclaration, le choix de raccorder son installation photovoltaïque en autoconsommation, intégrant pour la première fois cette notion. Cependant n’ayant aucune définition juridique, elle ne pouvait prétendre à un tarif de rachat pour ses surplus.

En 2010, Le prix des installations ayant considérablement chuté et le tarif de rachat étant lui resté très élevé, un effet d’aubaine s’est créé entraînant un emballement du nombre et de la taille des projets. Le photovoltaïque absorbant de plus en plus d’argent public, l’état décide d’instaurer, en décembre 2010 un moratoire de 3 mois a l’issue duquel le tarif de rachat perdra 1/3 de son prix, les crédits d’impôt seront supprimés et une réévaluation des tarifs est mise en place pour une baisse des tarifs tous les trimestres contre tous les ans auparavant. Un violent coup de frein est mis à la filière. Alors même que le domaine recrute et se développe partout dans le monde, on comptera en 2011 en France 7 000 licenciements rien que pour la branche solaire. Les tarifs ont ainsi lentement dégringolé pour arriver aujourd’hui à 17,92 c€/kWc

Dans le cadre de la LTECV (Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte) portée par Ségolène Royal, l’autoconsommation trouve enfin une définition juridique. Ainsi l’article L315-1 du 24 février 2017 inscrit au code de l’énergie l’autoconsommation individuelle en ces termes :

Une opération d’autoconsommation individuelle est le fait pour un producteur, dit autoproducteur, de consommer lui-même et sur un même site tout ou partie de l’électricité produite par son installation. La part de l’électricité produite qui est consommée l’est soit instantanément, soit après une période de stockage.

Article L315-1 du code de l’énergie

Puis l’article L315-2 introduit la notion d’autoconsommation collective par :

Lorsque la fourniture d’électricité est effectuée entre un ou plusieurs producteurs et un ou plusieurs consommateurs finals liés entre eux au sein d’une personne morale et dont les points de soutirage et d’injection sont situés en aval d’un même poste public de transformation d’électricité de moyenne en basse tension.

Article L315-2 du code de l’énergie

Ségolène Royal alors ministre de l’environnement impose alors à la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) de mettre en place des tarifs règlementés spécifiques à l’autoconsommation. Le 9 mai 2017 un arrêté fixe le tarif de l’OA (obligation d’achat) de l’énergie produite en surplus et fixe une prime suivant la puissance du système photovoltaïque installé.

 

Injection total

 type d’installation  Puissance de l’installation  tarif de rachat (c€/kWc)
Intégré au Bâti ≤3 kWc 20,05 
≤9 kWc 17,26 
 Surimposé au bâti ≤36 kWc 12,07 
≤100 kWc 11,24

Autoconsommation

 Type d’installation   Puissance de l’installation  tarif de rachat (c€/kWc) prime à l’investissement 
(€/kWc installé)
 Surimposé au bâti ≤3 kWc 10 390
≤9 kWc 290
≤36 kWc 6 190
≤100 kWc 90

|

Le raccordement

La différence majeure entre les deux modèles réside dans la façon dont est raccordée l’installation sur le réseau électrique et l’utilisation que l’on fait de sa production.

Injection totale : l’installation photovoltaïque est totalement indépendante du réseau électrique du bâtiment. elle possède son propre compteur et est directement reliée au réseau public de distribution. L’énergie est donc diluée dans le mixte d’énergie du réseau public de distribution. Il contribue ainsi au 1,7% de production d’énergie solaire. Dans ce cas, l’installation ayant un compteur indépendant, il faudra prévoir des frais de location pour celui-ci.

Autoconsommation : L’installation photovoltaïque est directement reliée au tableau électrique de la maison, le consommateur consomme directement l’énergie produite. Il n’y a qu’un seul compteur électrique pour toute l’installation. L’autoconsommateur sera facturé uniquement de l’énergie complémentaire à sa production.

|

Le matériel

Du point de vu matériel, pas de changement fonctionnel entre un modèle en injection totale et un modèle en autoconsommation. En effet les modules produisent toujours un courant continu, l’onduleur le transforme se référant aux normes imposées par le code de l’énergie et les sécurités restent les mêmes. Cependant on n’installera pas les modules de la même manière.

Injection totale : Le mécanisme d’Obligation d’Achat (OA) de l’électricité photovoltaïque octroie un tarif de rachat supérieur, si les panneaux sont intégrés dans la toiture. Cette technique de pose a pour effet une perte de production de l’ordre de 10% à 15% tout en imposant également un surcoût à l’installation. En effet la dépose de l’ensemble de la toiture sera consommateur en temps pour l’artisan. Le système de montage sera lui aussi plus couteux et devra être installé avec une extrême rigueur pour éviter les infiltrations d’eau dans le bâtiment.

Autoconsommation : L’OA n’imposant plus de prime à l’intégration, Il laisse à la couverture d’origine le rôle d’étanchéifier le bâtiment, évitant tout risque de fuite. Le système n’aura besoin que d’assurer le maintien des modules, il sera donc moins coûteux à l’achat. N’ayant pas de travail de couverture important, la pose est plus rapide et les panneaux étant mieux ventilés, l’installation produit plus d’énergie. Suivant les marques d’onduleur, il lui sera peut-être nécessaire de mesurer la consommation générale du bâtiment. On installera donc un compteur supplémentaire fourni par le fabricant d’onduleur.

|

Que faire des surplus, le stockage n’est pas systématique

Du point de vu de l’injection, il n’y a rien à dire, comme l’ensemble de l’énergie est revendu, il n’y a aucun surplus. Côté autoconsommation, l’intégration presque automatique d’un moyen de stockage dans les offres commerciales paraît illogique. En effet, le reflexe de tout à chacun serait de vouloir le stocker, pour l’utiliser de façon non synchrone pendant les heures de non ensoleillement. Mais ce choix est très onéreux et voit la note finale de l’installation être multipliée par deux, il plombe donc sévèrement la rentabilité de l’installation.

Alors une question s’ouvre à nous, que faire des surplus ?

Un choix serait de sous-dimensionner l’installation, mais le prix de la main-d’oeuvre pour la pose du système n’étant pas directement proportionnel à la puissance de l’installation, c’est ici le prix au kWh de l’électricité produite qui sera impacté en étant presque multiplié par 3 (différence entre une installation 1,5kWc et 9kWc). De plus en sous-dimensionnant l’installation, vous ne prévoyez pas l’augmentation de vos besoins futurs, dus par exemple à un véhicule électrique.

Le choix de Viriya est de former des communautés locales d’autoconsommateurs collectifs pour valoriser vos surplus. Ainsi il permet, pour l’autoconsommateur, d’installer une plus grande puissance de production et prévoir tout de suite ses besoins pour les 20 prochaines années. Il permet d’obtenir un prix de l’électricité produite par le soleil bien inférieur au prix d’EDF et rajoute un volet sociétal en proposant un tarif de l’électricité stable dans le temps à sa communauté.

 

|

Automatisme (Domotique)

L’automatisme (ou domotique) permet essentiellement une meilleure gestion de son énergie. Elle synchronise certains besoins (allumage de machine à laver, sèche-linge, lave-vaisselle, mise en route du chauffe-eau,  …) à des moments de la journée où l’énergie solaire est disponible. Ainsi elle permet de répartir la demande en énergie tout au long de la journée, même en votre absence. Il paraît donc judicieux dans tous les cas. Simplement leur axe d’optimisation ne sera pas la même :

Injection totale : l’installation photovoltaïque étant indépendante, le prix de l’énergie à la prise reste toujours le même que vous produisiez ou non. Ainsi l’automatisation se penchera sur une optimisation des coûts sur les heures de nuit (heures creuses).

Autoconsommation : Ici le bénéfice est parfois double, puisque lorsque l’installation photovoltaïque produit, l’énergie en plus d’être gratuite est totalement propre et locale. Il conviendra donc d’optimiser les consommations en fonction de l’ensoleillement.

 

|